Notre histoire

Mis à jour le 23/07/2026

Plus d'un siècle au service de la vie

De la « cité de pavillons » pour enfants parisiens convalescents au centre d’excellence en maladies rares, l’histoire singulière d’un établissement ancré dans le Pays Basque depuis 1899.

Établi au bord de l’Atlantique, sur 11,5 hectares face à l’océan, l’hôpital marin d’Hendaye est l’un des établissement les plus singuliers de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris. Son histoire commence là où Paris cherchait l’air du large pour ses enfants les plus fragiles et se poursuit aujourd’hui au travers d’une médecine de pointes en maladies rares et réadaptation neurologique.

Aux origines (1885 – 1899)

Paris cherche l'air du large

À la fin du XIXᵉ siècle, la tuberculose, le rachitisme et la scrofule touchent durement les enfants des quartiers populaires de Paris. Face à l'insuffisance des capacités d'accueil du sanatorium de Berck-sur-Mer, l'Assistance publique de Paris décide de créer un second établissement hélio-marin sur la côte Atlantique.

Après plusieurs refus de communes du littoral, un site est retenu à Hendaye, sur un terrain de 11,5 hectares face à l'océan, au pied des falaises d'Aragorry et des Deux Jumeaux. L'acquisition du terrain est finalisée en 1895 et le quartier est officiellement rattaché à la commune d'Hendaye en 1896.

Les travaux débutent en 1897 sous la direction de l'architecte Louis Adamski. Le projet prévoit une véritable « cité de pavillons » composée de plusieurs bâtiments reliés par des galeries couvertes, offrant une capacité initiale de 250 lits.

Quelques repères

  • 1895 : acquisition du terrain par l'Assistance publique de Paris. 
  • 11,5 hectares en front de mer. 
  • Architecte : Louis Adamski. 

Le sanatorium (1899 – 1910)

Les premiers enfants arrivent à Hendaye

Le 13 juin 1899, un premier convoi de 26 enfants parisiens arrive à Hendaye après un voyage de dix-sept heures en train. Ils souffrent principalement de tuberculose, d'anémie ou de rachitisme.

Le sanatorium ouvre officiellement quelques semaines plus tard. Les séjours durent en moyenne six mois et plusieurs centaines d'enfants y sont accueillis chaque année.

Sous la direction du Dr Ferdinand Camino, premier médecin-chef de l'établissement, le sanatorium devient rapidement un acteur majeur de la vie hendayaise. Son implantation génère de nombreux emplois et contribue au développement économique de la commune.

Entre 1904 et 1907, de nouveaux pavillons sont construits afin d'augmenter la capacité d'accueil. Dès 1910, plus de 1 200 enfants sont accueillis chaque année.

Quelques repères

  • 13 juin 1899 : arrivée du premier convoi d'enfants. 
  • Plus de 1 200 enfants accueillis par an dès 1910. 
  • Séjour moyen : six mois. 

Entre deux guerres (1910 – 1945)

De l'orthopédie aux années de guerre

En 1910, le sanatorium devient l'Asile pour enfants de la Ville de Paris, marquant une évolution de ses missions vers la prise en charge des enfants présentant des troubles orthopédiques.

Dès 1907, un service d'orthopédie médicale avait été créé sous l'impulsion du professeur Kirmisson, faisant de l'établissement l'un des pionniers français dans ce domaine.

La Première Guerre mondiale interrompt temporairement les convois, mais l'activité reprend rapidement.

La Seconde Guerre mondiale marque en revanche un tournant plus difficile. En 1943, l'hôpital est évacué lors de l'occupation allemande. Les enfants sont transférés vers d'autres établissements de l'AP-HP ou confiés à leurs familles. Une partie des bâtiments est détruite avant le départ des troupes allemandes.

L'hôpital rouvre finalement ses portes en septembre 1945.

Quelques repères

  • 1907 : création du service d'orthopédie médicale. 
  • 1943 : évacuation de l'établissement. 
  • 1945 : réouverture après la guerre.  

De l'héliomarin aux filières d'excellence (1945 – 2000)

Après la guerre, l'établissement se modernise et devient l'Établissement héliomarin de la Ville de Paris. Le cadre naturel – l'air marin, le soleil et l'océan – occupe alors une place centrale dans les approches thérapeutiques.

En 1955, un service de rééducation destiné aux jeunes atteints de poliomyélite est créé. Avec la disparition progressive de la tuberculose grâce aux antibiotiques, l'hôpital réoriente progressivement son activité vers la rééducation fonctionnelle et la prise en charge des pathologies neurologiques et des handicaps moteurs.

Au fil des décennies, l'établissement développe une expertise reconnue dans les maladies neuromusculaires, les infirmités motrices cérébrales et les situations de handicap complexe.

En 1999, l'Hôpital Marin célèbre son centenaire et s'inscrit pleinement dans le réseau de l'Assistance Publique – Hôpitaux de Paris.


L'hôpital marin aujourd'hui

Aujourd'hui, l'hôpital marin d'Hendaye est un établissement de l'AP-HP spécialisé en soins médicaux et de réadaptation (SMR).

Implanté face à l'océan, il dispose de 288 lits d'hospitalisation complète et développe une offre d'hospitalisation de jour. Organisé autour de deux départements médico-universitaires, il participe aux missions de soins, d'enseignement et de recherche de l'AP-HP.

L'établissement est reconnu pour son expertise dans plusieurs domaines :

  • les maladies rares neurologiques ; 
  • les maladies rares endocrinologiques, notamment le syndrome de Prader-Willi ; 
  • la réadaptation neurologique spécialisée ; 
  • les soins prolongés complexes ;  
  • les troubles du neurodéveloppement et le polyhandicap. 

Ses équipes participent également à de nombreux projets de recherche clinique en lien avec l'AP-HP, l'Inserm et les universités partenaires.

Afin d'accompagner cette évolution, un nouveau plateau technique de rééducation de 850 m² est en cours de développement, renforçant les capacités de prise en charge de l'établissement.


Une histoire qui se poursuit

Depuis l'arrivée des premiers enfants parisiens en 1899, l'hôpital marin d'Hendaye n'a cessé d'évoluer tout en restant fidèle à sa vocation : accompagner les patients dans un environnement propice aux soins, à la réadaptation et à la qualité de vie.

Aujourd'hui encore, cette histoire continue de s'écrire grâce à l'engagement quotidien des professionnels qui font vivre ce lieu singulier de l'AP-HP, au service des patients et de leurs proches.